~*~Circle Of Life~*~

Pensées à écrire à défaut d'être dites... pour réfléchir encore, écrire encore, lire encore... relire... Avancer.

03 juillet 2006

~*~ Souvenirs... ~*~

Dans un besoin d'exorcisme dans mon autre blog, il y a deux ans...

...Le soir du 3 juillet 1999, je profitais de la douceur de ce début d'été sur la terrasse avec mon père. On discutait de tout et de rien, puis il me dit : "mais quoiqu'il arrive, ne t'inquiète pas, j'ai placé de l'argent sur un compte à ton nom pour tes études...". Cela a évidemment provoqué ma stupeur, mais pourquoi se sentait-il obligé de me dire cela ? Je n'étais pas inquiète... devais-je l'être ?
Le lendemain, je prenais tranquillement mon bol de céréales devant la télé, c'était un dimanche. Ma mère était sortie, sans doute au marché avec son amie Jaqueline. Mon père se préparait à aller faire son traditionnel jogging puis il s'est installé sur le canapé face à moi. Ses paroles sont restées floues dans mes souvenirs, mais j'entends encore :"je crois qu'il faut que je parte". On venait de me foudroyer. "Non...non...", les seuls mots que je trouvais à répondre. Les larmes ont empli mes yeux, je me sentais amorphe, incapable de réagir ; mon père m'a supplié de ne pas pleurer et m'a pris dans ses bras. J'ai pleuré, pleuré... et pour la première fois de ma vie, je lui ai dit "je t'aime". C'était comme un aveu que je lui faisais après toutes ces années, un aveu lourd et sincère devant cet intense moment d'émotion et de douleur. Les yeux contre son épaule, j'ai compris qu'il pleurait aussi, "Adrien et toi vous êtes tout ce que j'ai de plus précieux au monde...". C'était comme si ces simples paroles avaient rattrapé l'absence dont il avait fait preuve durant notre enfance, comme si on ne pouvait être on ne peut plus clair, je n'avais plus besoin de preuve de son amour.
Je l'ai regardé, j'ai vu ses larmes sur les lentilles de ses lunettes, et lui portait la tâche de mascara noir sur son tshirt blanc. C'était comme un "échange"... Quand il est parti faire son footing, j'ai tenté de finir mon bol de céréales ramolies, mais elles avaient le goût amer de mes larmes, et mon souffle encore hâletant de pleurs m'empêchait d'avaler la moindre cuillèrée. J'ai jeté le contenu du bol à la poubelle puis me suis décidée à prendre un bain pour me calmer, et accessoirement rester enfermée pour éviter que ma mère ne soit au courant de ce qui s'était passé. Assise dans l'eau, les larmes avaient recommencé de couler, désespérément je recherchais le ou la coupable. C'était tombé sur Jaqueline.
Jaqueline était une voisine d'une bonne cinquantaine d'années adepte des centres d'UV, des mini-jupes et du parler pied-noir. Elle était divorcée et incarnait pour moi la rebellion de ma mère...
Tiens, quelques heures plus tard, au retour de ma mère et de mon père, nous avons déjeuné ensemble à table. Surprenant !! J'étais face à mon père, ma mère a fait remarquer la tâche noire sur le tshirt de mon père, on s'est lancé un regard quelque peu complice, mais dont on se seraient passés.
Le 6 juillet, il se trouvait que c'était leur anniversaire de mariage. Jamais je ne pensais que ce serait une occasion à fêter, alors quelle a été ma surprise et mon incompréhension de les voir chacun une flûte de Champagne à la main, avec leurs masques de joie...
Puis je me suis souvenue d'un après-midi où ma mère et moi étions parties nous promener au lac. Il faisait beau et nous nous étions mises à une terrasse de café. Quelques jours auparavant, j'avais trouvé chez moi des magazines d'annonces immobilières, et persuadée qu'ils étaient là car mes parents poursuivaient leur recherche de la maison familiale dont on avait tous rêvée depuis quelques années, je me suis mise à les feuilleter. Bizarrement, c'est à la page appartements 2 pièces que j'ai retrouvé les croix rouges de mon père. Ce jour-là au bord du lac, j'ai abordé le sujet de l'achat de maison et ai demandé si naïvement à ma mère : "mais papa... il cherche à investir dans un appartement c'est ça ?...". D'un coup, ma mère s'est mise à sourire d'un air cachotier que j'allais lui reprocher si fort : "euh... je ne sais pas ce qu'il veut faire, ton père...". Ca s'était arrêté là.
En ce début de juillet 1999, j'ai enfin pu mettre bout à bout les éléments qui semblaient incohérents. Et j'ai commencé à en vouloir de plus en plus à ma mère. Comme tous les enfants, j'était profondément blessée de ces rumeurs de séparation et de divorce ; j'avais aussi l'impression d'être prise pour une idiote. Naïve j'étais, mais idiote je ne voulais pas.
...

extrait : Mon histoire...besoin d'exorciser

Le temps passe, l'esprit prend du recul, les évènements s'enchainent, mais les dates font surgir les souvenirs... pardon.

 

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